Bubble Diving, en plan de sauvegarde

 

France Telecom, Vivendi, Alcatel, la compagnie de réassurance Scor. Toutes ces entreprises se sont retrouvées, à un moment, au bord du gouffre : elles faisaient des pertes, croulaient sous l'endettement, passaient par une phase de redressement judiciaire ou un plan de sauvegarde. Aujourd'hui, elles se portent bien. Leur chiffre d'affaires est reparti à la hausse, elles dégagent des profits et leurs dettes ont drastiquement diminué. Leur image de marque est restaurée, la confiance des actionnaires et des banquiers est revenue. Pour y parvenir les dirigeants ont notamment fait face aux difficultés de l'entreprise, reconnu leurs erreurs, pris les rênes pour inverser la tendance, élaboré un plan de relance en misant sur les atouts de l'entreprise, réduit les coûts de structure, mais surtout poursuivre leur communication financière.

Le dirigeant de Bubble Diving, Yannick Barnel semble avoir pris une autre voie puisqu'il n'a pas souhaité répondre à nos questions et que les comptes annuels de la société sont désormais accompagnés d'une déclaration de confidentialité.

Il faut dire qu'une procédure de sauvegarde désignant comme mandataire judiciaire Maitre Roumezi Christophe (9 bis rue de New York 38 000 Grenoble) a été ouverte le 23 septembre 2014. Le jugement concernant le plan de sauvegarde a été arrêté le 22 mars 2016. Il prévoit notamment un étalement des dettes sur 10 ans. Mais comment ce spécialiste de la vente par correspondance de matériel de plongée, de natation, de randonnée ainsi que de triathlon en est-il arrivé là ?

Après 7 années de croissance soutenue, la progression du chiffre d'affaires de la société a marqué un fort coup d'arrêt sur l'exercice 2012/2013. La société a notamment était confrontée à des problèmes techniques suite à la mise en ligne de son nouveau site internet.

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Le chiffre d'affaires s'est en effet inscrit à 1,3 millions d'euros en repli de 5,3% pour une perte de nette de 241.133 euros. L'exercice suivant, clos le 30 avril 2014, n'a pas permis de renouer avec la rentabilité. Et pourtant, selon le communiqué du 9 avril 2014 de la direction, la masse salariale a été réduite et la société s'est "recentrée sur l'optimisation de la logistique et le transfert de données entre le site et le logiciel interne de gestion des stocks et de facturation".

Au final l'exercice 2013/2014 s'est soldé par un chiffre d'affaires de 1,4 million d'euros pour une perte nette de 122.032 euros, amenant le montant des fonds propres en territoire négatif à hauteur de 52.321 euros. La faute tient à une politique de prix plus agressive mais également à une forte augmentation des charges d'exploitation (embauche de deux infographistes, charges non récurrentes liées au site internet, etc..). Compte tenu de ces déconvenues la direction a sollicité auprès du Tribunal une procédure du sauvegarde. Pour rappel et selon le greffe, cette dernière est réservée aux entreprises ou débiteurs personnes physiques qui ne sont pas en état de cessation des paiements, mais qui rencontrent des difficultés qu'ils ne peuvent surmonter, et qui sont de nature à les conduire à la cessation de leurs paiements (impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible). L'objectif d'une procédure de sauvegarde est de permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif, en procédant à une réorganisation de l'entreprise dans le cadre d'un plan arrêté par le Tribunal".

La société peut à tout moment sortir du plan de sauvegarde. Mais pour y parvenir elle devra rembourser son passif et être probablement être recapitalisée. Ce ne sera pas chose facile, si la direction ne souhaite plus communiquer.

Les actions de Bubble Diving sont cotées sur le Marché Alternativa et référencées sous les codes ISIN FR0011244813 et mnemo AABUD.

 

About Raphaël Prunier
Raphaël Prunier est rédacteur indépendant dans le domaine de la finance.

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