Key’Lib – Fin de route

A chaque virage, à chaque développement, le financement peut devenir crucial à la survie d'une jeune pousse. Ce constant est d'autant plus vrai que, dans bien des cas les projets peuvent prendre du retard. La société Key'Lib vient d'en faire les frais puisque la société a été placée en liquidation judiciaire le 11 février 2016 après avoir été déclarée en cessation de paiement le 11 février.

Et pourtant ce spécialiste de l'auto-partage qui a vu le jour en octobre 2009 sur le campus de l'Ecole Nationale Supérieure de Cachan (Val-de-Marne), était promis à un bel avenir. La société s'était vite développée en étant présente sur les campus de Polytechnique, HEC, Supélec ou encore Centrale. Elle proposait 24/24 via son site internet (www.keylib.fr), une offre d'auto-partage aux particuliers et aux professionnels en Ile de France pour des durées allant d'une heure à plusieurs jours.

Elle venait d'obtenir le label "Paris auto-partage" attribué par la Mairie de Paris. Du coup, elle devait bénéficier dès 2013, à l'image d'Autolib, des places de stationnement réservées sur la voirie.

Et son chiffre d'affaires avait fortement décollé suite aux levées de fonds sur Alternativa. Ce dernier était passé de 45.000 euros en 2009 à 307.000 euros en 2014.

Calque 19

Mais Key'Lib n'est jamais parvenue à atteindre la taille critique lui permettant d'afficher des comptes à l'équilibre. L'attribution des places de parking par la Mairie de Paris, qui devait améliorer la rentabilité et accroître les facturations de la société, a pris plus de deux ans de retard en raison des élections municipales. Au final elles ont été accordées qu'en septembre 2015 au moment où la trésorerie de la société ne pouvait plus couvrir les investissements exigés. 

L'offre immobilière qui devait aussi doper le chiffre d'affaires a pris trop de temps pour se concrétiser dans les comptes : "Dans le même temps, même si l'offre immobilière a retenu l'attention de promoteurs qui l'ont inclus dans plusieurs appels d'offre, les délais de réalisation des constructions ne permettaient pas d'avoir de résultats opérationnels avant fin 2017 au plus tôt."

Les dirigeants ont tout fait pour essayer de repartir de l'avant. Ils ont non seulement réduit les foyers de pertes (fermeture de stations déficitaires, réduction des frais de fonctionnement et baisse de la masse salariale), mais également cherché à s'adosser, s'associer avec un industriel, et recapitaliser la société auprès d'institutionnels. Toutes ces solutions ont échoué. Le passif étant supérieur à l'actif, les actions sont sans valeur.

 

About Raphaël Prunier
Raphaël Prunier est rédacteur indépendant dans le domaine de la finance.

Leave a comment

Your email address will not be published.


*