Le problème de fond du Crowdfunding Equity

Décidée à faire de la France la “médaille d’or du crowdfunding”, Fleur Pellerin, ministre des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, a permis la mise en place d’un nouveau cadre légal pour le crowdfunding.  Son entrée en vigueur le 1er octobre 2014 pose les fondements d’une nouvelle forme d’investissement, permettant à des entreprises non cotées de se financer sans passer par les banques ou les business angels. Pour ce faire, ces entreprises - généralement des PME - sont mises en relation avec des particuliers via des plates-formes numériques dédiées. Dans le cas de l’equity crowdfunding, ces derniers peuvent alors acheter des parts dans la société, parts qui leur donnent droit à une rémunération si la valeur de l’entreprise augmente.  

Mais les faits ne sont pas si simples

Les placements réalisés sur les plates-formes d’equity crowdfunding sont des placements de long terme (plusieurs années). Or, ces plates-formes sont très jeunes. Par conséquent, les investisseurs commencent à peine à s’interroger sur leur sortie, et font face à des résultats parfois mitigés. En effet, l’essor phénoménal du crowdfunding n’est pas un gage de sécurité, et les success stories parmi les PME y ayant eu recours ne sont pas des gages de gain. Et qu’est-ce-qu’une success story si ses investisseurs ne peuvent en profiter ? Prenons l’exemple de Sellanapp, site qui aide les utilisateurs à créer leur application (du design au business model en passant par la recherche de fonds). Les créateurs de Sellanapp ont fait appel à une plate-forme d’equity crowdfunding pour se financer, valorisant la société à 387 000$. Un an plus tard, l’entreprise était valorisée 3,8m$ ! Et puis elle a fait faillite. Multiplier la valeur de son investissement par 10 est une immense réussite… à condition de toucher l’argent. Pour Sellanapp, c’était la banqueroute. Mais perdre un montant investi parce que l’entreprise a échoué est une chose. Le perdre malgré son succès en est une autre. Ce phénomène, récurrent sur les plates-formes de Don contre Don, où 25% des investisseurs ne reçoivent pas la contrepartie attendue, ne laisse rien présager de bon pour l’equity crowdfunding. Et les maigres statistiques sur les sorties dans l’equity crowdfunding ne permettent pas de connaître l’ampleur du risque.  

Plusieurs éléments rendent la sortie d’un crowdfunder complexe.

D’abord, le peu d’intérêt que portent certains entrepreneurs aux crowdfunders : dans son essai  “The Road to Crowdfunding Hell”, Daniel Isenberg, professeur à Babson College et à Harvard, entrepreneur et aujourd’hui business angel, explique pourquoi il est fermement opposé à l’equity crowdfunding. Il rapporte ces propos tenus par un entrepreneur de son entourage :  “I love crowdfunding: it is cheap money for me. I know it is not good for the investors.” Si ce point de vue n’est pas partagé par tous les entrepreneurs, reste qu’ils n’ont souvent pas de solution à apporter à ces investisseurs. Ensuite, la sortie d’un investisseur pour une entreprise non cotée est un processus long et très coûteux. Or, le principe du crowdfunding est d’avoir un grand nombre d’actionnaires, possédant souvent des parts très faibles du capital, multipliant d’autant le prix et le temps nécessaires à leur sortie. La seule solution actuellement mise en place implique que les crowdfunders décident de tous vendre leurs parts au même moment ; ce n’est donc pas une solution viable. Cette zone de flou autour de la sortie des crowdfunders révèle un problème de fond : si la question n’a pas été considérée, c’est que l’equity crowdfunding et les nombreuses plates-formes qui le proposent ne sont pas assez matures, et que beaucoup d’investisseurs s’engagent dans des placements qui pourraient ne rien leur rapporter.  

Alternativa.fr : la seule plateforme avec un marché secondaire

De plus en plus, les experts mettent en avant l’idée que l’equity crowdfunding doit absolument s’accompagner d’un marché secondaire. La commission américaine des titres et de la Bourse s’est donné comme objectif d’encourager le développement de ces marchés secondaires qui offrent aux crowdfunders une porte de sortie. En plus d’introduire de la liquidité, qui offre une plus grande sécurité aux investisseurs, ces marchés secondaires sont la preuve d’un modèle bien pensé - et pensé également pour l’investisseur. Dans ce domaine, Alternativa s’illustre comme leader grâce à sa bourse destinée aux PME. En preuve, sa longévité depuis 2008 Alternativa a levé 36,8 millions d'euros pour ses PME. Ses success stories s'illustrent de chiffres marquants : + de 260% de retour sur investissement pour les investisseurs de Trialog ; les actionnaires de Perfect Memory conforté dans leur choix judicieux lorsqu'un fond entre au capital au même prix que ces derniers après 3 ans de cotation .. ou encore le Domaine Chanzy qui a réalisé une levée de fonds de plus de 2,5 millions d'euros au total. Quant aux nombreuses plates-formes d’equity crowdfunding, qui ne disposent pas de marché secondaire, il est primordial qu’elles donnent la priorité à la protection des investisseurs, en attendant de pouvoir leur fournir une quelconque sorte de garantie.

Un article signé Hawai Maarek - Alternativa.fr

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