Ces PME qui relocalisent leur production

Les entreprises qui ont cédé au chant des sirènes de la délocalisation font, parfois, machine arrière. Pourquoi déchantent-elles ? Enquête sur un phénomène croissant. 

Produire à bas coûts dans une usine asiatique n’est plus «tendance» ! Après la période des délocalisations massives, de plus en plus d’entreprises tricolores rapatrient leur production sur le sol français. «Ce mouvement existe, notamment chez les PME, mais il reste relativement faible toutes tailles d’entreprises confondues», indique David Cousquer, dirigeant du cabinet de conseil Trendeo et de l’Observatoire de l’investissement en France.

 

Améliorer la logistique et la qualité

Si on ne peut pas (encore) parler de retour massif, le phénomène existe bel et bien : entre 2008 et 2013, 107 entreprises industrielles ont relocalisé leur production. «Ces entreprises souhaitent surtout améliorer la logistique et la qualité de leur production, et bénéficier d’une meilleure image, notamment celle liée au “made in France”», expliquent les experts de la DGIS (Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services).

Trois raisons principales expliquent ces retours : la hausse du prix des transports, l’augmentation des salaires en Chine de près de 50% et des délais de livraison longs qui empêchent les entreprises d’être réactives face à la demande. Ce que les PME gagnent en coût de production, elles le perdent en effet en problème de fabrication et en coûts induits… sans parler de la contrefaçon.

 

Un avantage pour les grandes séries

Les PME qui ont relocalisé leur production ont fait le même constat : la production dans une usine à bas coûts asiatique est plus adaptée à une grande entreprise, qui produit en masse à échelle industrielle des produits faiblement qualitatifs.

En outre, les PME tricolores qui commandent de petites séries sont loin d’être prioritaires sur les chaînes de production des usines chinoises ou vietnamiennes, ce qui entraîne des délais de plusieurs mois. «Le prix de fabrication peut être avantageux pour les grandes séries, notamment lorsque l’usine chinoise est dédiée à une seule production française», confirme David Cousquer.

En revanche, avec un faible volume, on perd donc vite l’avantage prix. Surtout, la fabrication low cost hors des frontières n’est pas adaptée aux produits de qualité, positionnés sur le haut de gamme, ou qui nécessitent une forte technicité.

«Avec une politique de prix haut de gamme, il est plus facile de supporter des surcoûts liés à la production hexagonale, ce qui n’est pas le cas pour un positionnement standard». Ce mouvement de relocalisation, encore limité, est cependant prometteur. Il est d’ailleurs soutenu par le gouvernement, qui a lancé plusieurs programmes de relocalisation d’activités industrielles visant 300 entreprises.

La BPI s’est même dotée d’un fonds de 150 M€ pour l’innovation de rupture afin d’aider les entreprises qui mettent en œuvre ce type de paris technologiques. Mis en place par le ministère de l’Économie, Colbert 2.0 est un outil qui permet à une entreprise d’évaluer, en 30 minutes, les gains d’un retour au pays. Le phénomène ne fait donc que commencer.

 

Entreprendre.fr

 

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